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Se faire soigner!

Se faire soigner! Posted on 6 mai 2008Leave a comment

Vous savez sans doute que j’ai mal aux pieds depuis plus de 5 ans.

Vous savez peut-être moins à quel point je souffre de ces douleurs, malgré qu’en apparence, rien ne permette de penser un seul instant que mes douleurs sont parfois insupportables, qu’elles sont toujours présentes, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Il y a aussi des dommages collatéraux que la plupart des gens n’imaginent pas. Ces douleurs ont changé ma vie, mais pire encore elles ont changé aussi celle de ma Louise.

Si j’étais couché dans un lit, enrobé de bandelettes suintantes de sang, on comprendrait ma douleur.
Mais qui voudrait qu’on le prenne en pitié. Certainement pas moi.
J’aimerais parfois que l’on comprenne ce que je vis au jour le jour.
Oui, je sais, ce n’est pas mortel.
M’a dire comme s’te gars: « Une maudite chance! »

J’ai passé 5 ans de ma vie à endurer ces douleurs, toujours plus difficiles à supporter.
Je me suis traîné dans le bureau de mon médecin de nombreuses fois.
Tant et si bien qu’avec le temps et n’ayant trouvé aucun nom à mettre sur mon problème, mon médecin a finalement atteint son seuil d’incompétence et elle ne peut pas supporter sa vue dans le miroir le matin en se maquillant. Elle sait qu’elle ne peut rien faire pour moi. Alors elle me ramène le problème avec  des « Pas encore vous! » quand elle me voit entrer dans son bureau.

J’ai roulé ma bosse dans de nombreuses cliniques de toutes sortes de médecines douces, de …frotteux, de charlatans et de soigneurs à la manque, qu’ils soient médecins, spécialistes de tout genre ou autres …pathes, …logues et …âtres de tout acabit.

J’ai subis des centaines de prises de sang, de radiographies, de « scans » ou imageries numériques, de visites en médecine nucléaire, en clinique de la douleur, rien n’y fait, personne ne trouve ce que j’ai.

Et ce que j’ai, on doit, dans la rectitude Hyppocrite, d’y mettre un nom.
Ainsi, on a choisi « douleurs neuropathiques aigües de source inconnue ».

On vit au XXIe siècle, les savants envoient des satellites en orbite autour de Pluton et y prennent des photos spectaculaires, y font des relevés de toutes sortes. On a inventé. Internet, iPod, Blackberry etc…. mais personne ne sait ce que j’ai.

Je me suis traîné souvent dans les Urgences des hôpitaux, spécialement celui de mon coin, le Centre Hospitalier Pierre-Boucher. Quelle merde que d’aller à l’urgence et attendre au minimum 8 heures pour voir un médecin Urgentologue, trop souvent fatigué des longues heures de travail sans arrêt qu’il doit assumer. Il ne comprend pas que je me présente là pour un mal de dos. Pourtant  je lui explique mon cas et il convient que parfois on n’a plus d’option. C’est tout ce qui reste si on veut se faire soigner, mais encore.

Avec les cas terribles qu’ils ont à traiter en Urgence, évidemment que je me sentais mal d’aller là, mais que faire quand tu as mal et que rien ne règle ton problème?

L’Urgentologue que j’ai vu a quand même trouvé que j’avais beaucoup d’arthrose dans la colonne lombaire. Il veut même me faire subir un examen en médecine nucléaire, ce que j’ai déjà eu je ne sais quand et que je devrai probablement refaire. Trouveront-il autre chose ou confirmeront-ils que cette fois, j’ai bel et bien de l’arthrose. Comment se fait-il que j’aie tant d’arthrose sans que les nombreux médecins  vus auparavant n’aient jamais constaté ça?

Il faut dire que sur la quinzaine de médecins que j’ai  vu depuis 5 ans au sujet de mes douleurs aux pieds, il n’y en a que deux qui ont réellement examiné mes pieds. Les autres s’en foutaient carrément, à croire que je puais des pieds. Ils n’ont jamais regardé mes pieds, encore moins les ont-ils pris dans leur main, les ont-ils touchés.

Y a-t-il autant de Normand Brathwaite dans le monde de la médecine?
(On sait que Normand déteste les pieds.)

 

Bref, ma décision est prise. Ma confiance dans le système de soins du Québec, dans la médecine du Québec, est fortement ébranlée. Je ne comprends plus que dans mon pays, on en soit rendu là. C’est une honte! Inimaginable comme situation et pourtant, elle est bel et bien là cette détérioration de notre système de santé. Quelle honte que d’avoir à se rendre dans un pays pauvre comme Cuba pour aller se faire soigner. Mais pauvreté n’est pas synonyme d’incapacité.

Je connais les Cubains et je sais qu’ils ont une grande réputation mondiale comme médecins. Aussi, c’est sans crainte et rempli d’espoir que je m’y rendrai bientôt pour y subir des examens visant à trouver une fois pour toutes ce qui est la cause de mes maux de pieds qui sont devenus pour moi un sujet de conversation quotidien et dont les douleurs sont de plus en plus difficiles à endurer. Il en va de ma qualité de vie et de celle de ma Louise.

Je vous reviendrai bientôt avec le récit de mon aventure à La Havanne.

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