Posted in Général

Dans la tente du départ.

Dans la tente du départ. Posted on 7 mai 2008Leave a comment

Je suis dans la tente du départ. C’est dire à quel point j’ai hâte.
Le camping ne me plaît plus alors j’aimerais bien quitter la tente et monter à bord du AirBus 320 de Cubanair.

C’est samedi que vient le grand départ. Je suis confiant et je fonde encore une fois, plein d’espoirs dans ce voyage. Dans le voyage oui, mais surtout dans la connaissance et l’expérience des médecins cubains qui auront la responsabilité de trouver ce qui semble introuvable ici.

Quel défi pour eux!

En effet, je considère qu’ils ont un défi extraordinaire à relever, celui de trouver les causes de mes maux de pieds alors qu’après 5 ans, la médecine supposément moderne et exceptionnelle (évidemment puisqu’elle est capitaliste) qui n’a pas su me délivrer de mes emmerdes.

J’imagine la tête des médecins qui me soignent, surtout celle de mon médecin de famille. Car ceux de la Clinique de la douleur ont bien tenté au fil des ans de me soulager. Eux, ils ont été des plus compatissants. Ils m’ont écouté et ont certes compris mon désespoir. Mais ils n’ont fait que soulager, ils n’ont pas réglé le problème.

La douleur, c’est quelque chose qu’il ne faut pas éliminer totalement. C’est un signe qu’il y a quelque chose d’anormal. C’est un système d’alarme exceptionnel que le corps met à notre disposition. Ainsi, je connais bien ce qu’est la douleur, surtout après avoir souffert durant 4 mois de l’inflammation du nerf trijumeau, sans compter mes trois pierres aux reins, à un an d’intervalle entre chaque caillou. Trois fois où le coup de poignard m’est arrivé sans crie gare, comme un chien, gare au chien.

Mais cette douleur quasi permanente, elle ne sert plus à rien. L’alarme a été sonnée il y a 5 ans et la police n’est pas encore arrivée. Cette douleur, elle ne fait que me faire souffrir, comme la sirène du système d’alarme qui ne cesse de fonctionner et nous perce les oreilles de ses ondes stridentes, aigües, cuisantes.

Dieu que j’aimerais que les médecins cubains trouvent la cause de mes douleurs. Pas seulement pour moi, mais aussi pour eux, pour encore une fois démontrer leur capacité, leur expérience, leurs connaissances, leurs intérêts, leurs méthodes de travail. Démontrer aussi que la connaissance n’a rien à voir avec la démocratie ou le capitalisme. Castro aura su soigner et instruire son peuple. Il ne faut pas dire éduquer car le peuple cubain est grandement éduqué et le savoir-vivre là-bas est exceptionnel comme le sont le partage, la compassion et la gentillesse, qualités qui se sont largement perdues dans ce monde démocrasse et capitapiasse que nous croyons idéal.

Je me suis maintes fois plains de la manière dont mon cas était suivi.
On m’a fait faire plein d’examens durant ces derniers 5 ans.
Je crois que ces examens furent dictés au hasard la plupart du temps.
On essayait un truc, puis un autre, mais il ne me semblait pas y avoir de plan de match.
Au cours de ma carrière, j’ai eu plein de problèmes pour lesquels je devais trouver des solutions. Avec mes collaborateurs, nous cherchions systématiquement, en commencant par éliminier les idées les plus simples – les causes les plus évidentes – jusqu’à aller de plus en plus pointu, en notant ce qu’on  faisait et surtout en y allant scientifiquement, de manière à trouver la solution la plus pertinente.
Nous ne lâchions jamais. D’ailleurs combien de fois n’ai-je entendu ça de la part de mes employés.
J’avais la réputation de ne jamais lâcher.
Je cherchais, je trouvais aussi.

Je pars confiant. J’ai vu le plan de match des médecins cubains.
Ils ont reçu un résumé de mon dossier et ils ont établi un plan de match pour mes examens.
À la lecture de ce plan, on comprend que tout ce que l’on m’a fait subir en 5 ans ici, dans ce Québec au système de santé dépérissant, je vais le subir en 5 jours à Cuba. Eux, ils travaillent systématiquement, en allant du plus simple au plus compliqué et scientifiquement, en écartant les causes improbables pour atteindre  leur but non pas en essai/erreur, mais en analyse logique.  

Je prépare ma valise.

Laisser un commentaire